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Récits des Amis > Jacques
Récit de voyage au Maroc en 2007,
par mon Ami Jacques de Vergèze.
Étape 1 – 27 janvier Vergèze / Le Boulou Temps très froid et vent fort.
Départ Vergèze 11 H 30. (Km 15140) Arrivée Le Boulou vers 16 H sur le P c/car où nous avons rendez-vous avec Francisque et son cousin, sous les assauts d’une tramontane à faire chavirer le camping-car. Une brève balade dans le village, et vite à l’abri de la maison à roulettes.
Étape 2 – 28 janvier Le Boulou / Villaréal Légèrement couvert
Bref stop à La Junquera pour quelques achats, et en route. Route dégagée, pas de camions, c’est dimanche.
Que de chantiers. Mais d’où peut bien provenir le financement pour réaliser de tels travaux quasi pharaoniques? Des terrassements tous azimuts, des ponts, des ouvrages à tous les tournants de la route. Des kyrielles d’engins de T.P. Incroyable les sommes colossales qui doivent être englouties, mais d’où vient donc cet argent qui doit représenter plusieurs années du budget français de l’équipement, et qui serait probablement bien plus utile pour la construction de maisons de retraite, d’écoles, d’hôpitaux, etc.…
Écoeurant et lamentable, l’incroyable gaspillage de pognon de l’Europe pour un pays qui grâce à nos dons est en train de nous passer largement devant.
Pas de problèmes. Stoppons à Villaréal dans une rue de la zone industrielle. Les jeunes font du gymcana en voiture dans les rues, à des vitesses folles. Dangereux. On croirait nos bonnes vieilles casquettes retournées françaises d’importation. Aussi cons. Nuit tranquille, mais quel boucan à partir de 5 H du matin
Étape 3 – 29 janvier Villeréal Km 1334Bruine le matin, pluie fine l’après-midi.
C’est lundi. Beaucoup de circulation, et surtout toujours ces énormes chantiers qui créent de bons bouchons. Mais où peuvent bien aller tous ces camions qui montent vers la frontière. Des camions, mais aucun camion français qui descend. Route difficile en fin de journée, surtout avec les Espagnols qui mettent les codes dès qu’il tombe la moindre goutte et que la visibilité est inférieure à 50 Km, les anti-brouillard souvent avec visibilité inférieure à 20 Km. Et quand il y en a. Il doit leur rester les warnings qui ne m’avait pas encore frappé, et pourtant le fait s’est produit sous notre nez une bonne vingtaine de fois un automobiliste double, juste avant une sortie d’autoroute, fait une monumentale queue de poisson entre les deux camping-cars, distant d’une dizaine de m, et emprunte la sortie, comme pour narguer pourtant, nous roulons normalement, à la vitesse des voitures, sans encombrer le moins du monde. Arrêt sympa, mais un peu tardif en bord de plage dans un petit village. Nous nos retrouvons quand même à une vingtaine de c/cars.
Étape 4 – 30 janvier Callahonda / P Carrefour à Algésiras Km 1578– Beau temps & pluie la nuit.
Il ne reste qu’un peu plus de 200 Km à parcourir dans la journée. On va rouler tranquille. Toujours beaucoup de circulation, et maintenant, dans le Sud touristique, en plus des travaux routiers, on construit, on construit…Nous, dans le Gard, en Camargue, nous avons les Flamands ici, ils ont les grues – des forêts entières - pour continuer à élever ces barres de bâtiments en bord de mer, ces barres qu’en France, nous faisons sauter à coup de dynamite. L’exploitation du sol est impressionnante. On construit partout, dans les pinèdes, sur les rochers, près ou plus loin de la plage, partout.
Qui peut bien accepter de passer quelques jours de repos dans ces cages à lapin, où l’été, la température, la promiscuité, le bruit, la circulation, la vie nocturne mouvementée doivent bien compliquer le repos.Nuit tranquille sur le parking de Lidl, près de Carrefour (sortie 112 de l’autovia), après avoir acheté les billets (188 € A/R) Pluie toute la nuit.
Étape 5 – 31 janvier / 1° février Algésiras / Larache Km 1742 – Temps couvert.
31 janvier Réveil 6 H. démarrons à 7 H, direction le port à 6 Kmil pleut encore. Attendons plus d’une heure pour embarquer. Il pleut toujours, mais mer d’huile, et voyage sans encombre. Arrêt à Cash & Carry à la sortie du port pour quelques provisions complémentaires, le plein à 0,54 €. Direction la frontière où les formalités se déroulent rapidement et sans encombre. Pour faire connaître la Côte-Nord à son cousin, Francisque décide d’emprunter la route Ceuta/Tanger.
A gauche : Ca y est, on est monté dans le ferry.
A droire : Le rocher de Gibraltar. Il est tôt, et le temps est couvert, mais la mer est d'huile.
Premiers kilomètres formidables sur une nouvelle route à 4 voies. L’enchantement est de courte durée, la route se transformant en monumental bourbier dû, d’une part aux travaux de poursuite de l’élargissement de la route, et d’autre au gigantesque chantier de construction du nouveau port de Tanger. Les c/cars sont dans état. Traversée de Tanger sans encombre, et direction Larache. L’aire est un peu boueuse car il a semble-t-il beaucoup plu, mais il reste de la place. L’équipe va manger l’harira (à 0,50 €) au restau de l’aire.
1 février: Comme d’habitude, départ à pied vers les halles de Larache à 4,5 Km, pour les achats de poisson (Soles à 3 €. Crevettes à 6, oranges à 0,40 €.). Rentrés fatigués, et souffrant sérieusement du genou, nous ne suivons pas l’équipe qui repart au village l’après-midi. Comme d’ordinaire, nuit paisible un peu sous la pluie, et sous la surveillance des gardiens eau au cyber café pour lire mes messages.
Étape 6 – 2 au 4 février Larache – Moulay Bousselam Km 1783 – Temps couvert
2 Février Arrivée vers 10 H. Halte au village avant de s’installer sur le camping en bord de lagune, avec une vue superbe. Accueil toujours chaleureux du responsable qui connait bien notre ami Francisque. L’après-midi, je vais passer quelques mails au cyber café (0,50 € l’H) car mes deux heures de recharge de téléphone ont disparu d’une façon incompréhensible. Impossible de le recharger. Il faudra attendre de trouver une boutique à Agadir. Bien ennuyé.
3 Février Le copain qu’attendait Francisque arrive avec 3 jours d’avance. Comme le temps dans le Sud n’est pas plus favorable, qu’on est bien installé, que l’emplacement du camping en bord de lagune est privilégié, et que le poisson y est bon, on décide de rester, et en profiter pour nettoyer le camping-car qui avait bien souffert de l’état de la route Ceuta/Tanger. Jojo va à la pêche en barque, mais rentre bredouille.
4 février La plupart des rues de Moulay sont dans un état répugnant, le marché est toujours aussi sale, et on ne comprend vraiment pas pourquoi la municipalité peut laisser ce village touristique dans un tel état d’abandon, mais la plage qui y est très belle fait oublier toute cette crasse. La mer est calme et permet aux petites embarcations de pêcheurs de sortir. On apprécie néanmoins beaucoup mieux cette étape que les autres fois, malgré une température de 20° inhabituelle en cette saison.
Étape 7: 5 au 8 février - Moulay Bousselam – El Jadida Km 2136 - Temps couvert, fort brouillard le matin
5 février Nous abandonnons nos amis Francisque, son cousin Jojo, et son ami qui veulent s’arrêter à Rabah, Casa, etc, afin que Francisque se mute en guide pour faire découvrir le Maroc à ses deux équipiers dont c’est le premier voyage. Nous descendons directement par l’autoroute sur El-Jadida après un stop à Mohammedia pour le plein de propane. Affaire pliée en deux temps trois mouvements, au tiers du prix français. À midi, nous stoppons à un Carrefour un peu isolé, mais où veillent deux gendarmes de la gendarmerie royale, après leur en avoir demandé la permission. Ils (un sergent et un capitaine) arrivent aussitôt près de nous, tirés à quatre épingles, pour nous souhaiter la bienvenue et dire tout le bien qu’ils pensent de la France, combien ils aiment les Français, et nous faire admirer l’excellente connaissance de notre langue. Le long de la route, des petits paysans vendent leurs légumes et leurs volailles. C’est d’ailleurs amusant de voir ces poules, alignées sur le bord du fossé, debout, et attachées par une patte à un petit piquet. Nous reprenons l’autoroute impeccable qui nous fait longer à 100 Km/h des cultures sous serre et le ramassage des fraises. Il faut rester prudent, car les autoroutes ici ne sont pas clôturées, et il est fréquent d’y voir traverser des piétons, des chiens errants ou du bétail, et ne pas dépasser la vitesse de 120 Km/h, car les radars n’y sont pas rares. Installation sur le camping international d’El-Jadida en début d’après-midi, et balade sur le magnifique front de mer. Une nouvelle visite au cyber café pour essayer de trouver une solution Internet à la recharge de mon portable, car impossible de lire les messages qui sont envoyés. Échec. Nous apprenons par les équipages qui remontent qu’il ne fait pas meilleur plus bas, on décide donc de prendre notre temps et de rester un peu plus.
6 février Un coup de fil depuis la cabine à René qui m’avait signalé la veille, par SMS, son débarquement à Tanger. Il m’annonce son arrivée dans la journée. Il débarque à douze heures, grâce au nouveau tronçon d’autoroute qui relie Casa à El-Jadida. Bien qu’habitant près des uns des autres, on va finir par se rencontrer plus souvent au Maroc. Il connaît bien El-Jadida, et nous faisons une balade sympa dans la vieille citée portugaise, ainsi qu’au souk noir de monde. Quelques achats de légumes, et après une nouvelle halte dans un cyber où je trouve enfin la solution de recharge , impossible à concrétiser par manque de carte bleueretour au camping la nuit tombée
Les remparts d'El Jadida.
Jacques et son épouse Ginette.
7 février Très belle journée. Retour au cyber avec cette fois-ci la carte bleue. Je recharge 80 €, croyant recharger 80 DhCe n’est pas tout à fait pareil, mais dès qu’on a appuyé sur la touche Entrée, le mal est fait. Et maintenant, tout va bien. Que nenni maintenant, ce sont mes SMS qui ne passent plus ballade avec René dans les souks. Nous allons déjeuner «Cousteau» repas poisson superbe à 35 Dh (3,2 €). Incroyable. J’ai 11 soles grillées dans mon assiette. Entre temps, un coup de fil à Françisque m’apprend qu’il descend ici, si j’ai bien compris. Décision est prise d’attendre l’équipe pour le soir, j’ai réservé à l’école hôtelière juste en face le camping. Repas correct, mais simple pour une école. Nous demandons l’addition réponse, non, vous êtes invités…Incroyable.
8 février : Couvert et pluie. Après le départ de René qui descend, et en attendant l’équipe, un saut à Maroc télécom, pour régler mon problème de SMS, où une jeune cadre BCBG retourne ciel et terre pour me donner un Nº d’Orange que je dois appeler à Paris. Chère, chère la communication avec toute cette musique et ces informations publicitaires… J’obtiens néanmoins satisfaction et le Nº de code attendu qui me permet enfin de régler ce problème récurant depuis une semaine. Tout va bien. Non. Une branche de l’eucalyptus sous lequel nous sommes installés casse, tombe sur le toit et descelle mon antenne omnidirectionnelle. Impossible de rouler comme ça. Alors, palabres avec la réception. Finalement, c’est un plombier qui se déplace, recolle, et c’est le camping qui prend la réparation en charge.
Étape 8 – 9 février El Jadida – Oualidia Km 2220 – Très beau temps
9 février Peu de Km à faire .Trouvons un emplacement gardé (10 Dh/j) superbe en bord de lagune (prendre à D, au milieu du village direction la plage). Nous retrouvons des gens de la région, notamment une dame ex-codognanaise qui connaît bien les Segatti pour avoir habité tout près de chez eux. Endroit féerique. Sommes sollicités en permanence pour acheter araignées, oursins, moules, poissons, le tout bien frais. Journée très ensoleillée.
10 février Comme le temps, le site, l’environnement du parking et les tarifs (10 DH la nuit) nous conviennent, nous décidons de rester une journée de plus. Dimanche, c’est jour de souk. Magnifique. Tous ces étals bariolés, tous ces tas de légumes, j’aime. Toujours la cure de soles à 7 € le Kg. Soles que le pêcheur nettoie sur un petit morceau de contre plaqué, sur la selle de sa mobylette, ou du moins à ce qui a été un cyclomoteur…Balade sur la plage. Les vagues sont importantes. Faisons connaissance avec les Vassart – Hendrickx d’agréables voisins belges, avec lesquels nous faisons l’apéritif le soir, en compagnie d’autres nouvelles connaissances. C’est ça le camping-cardes rencontres journalières avec des gens différents avec lesquels on se sent des affinités.
11 février : Tout se passe au ralenti. Promenade en bord de plage. Le midi, nous nous offrons un tagine à la gargote du bord de la route avec José et Lydie. Simple, mais bonne. Bien sur, il ne faut pas trop regarder le fond du plat sur lequel surnagent encore quelques mies de pain du précédent convive. On ne fait pas souvent la vaisselle dans ces bistrots…
12 Février Allez, zou, on reste un jour de plus, et un repas poison de plus l’endroit est si agréable. Tout y est bon marché. Pas de problème de vidange0,9 €, et le garde qui, la nuit, dort à même le trottoir, accepte d’aller vider les cassettes ou d’aller chercher un jerrican d’eau au restaurant ‘’l’araignée gourmande’’ à 200 m. Nous retrouvons là un Alésien auprès duquel nous avions passé quelques jours lors de la transhumance au col de et qui se souvient très bien du fourgon de Philippe et Jacqueline
Le monde est petit
Étape 9 – 13 et 14 février Oualidia – Safi Km 2291 – Temps brumeux, puis beau temps
13 février La route côtière est un vrai régal des yeux. On surplombe quasiment en permanence cette mer toujours un peu agitée que l’on n’aperçoit plus quelquefois qu’au travers de quelques trouées de brume, brume qui se lèvera dans l’après-midi. Mais cette brume, on la retrouve en arrivant sur Safi. L’intense activité chimique portuaire en est la cause. On dit bien que l’air n’est pas particulièrement agréable dans cette ville. Nous retrouvons les amis belges au camping qui nous demandent de nous installer près d’eux.
Nous profitons de leur bonne connaissance de la ville, bien que ce ne soit que leur deuxième passage seulement, pour y faire un tour en leur compagnie et découvrir les boutiques où ils ont déjà pris l’habitude de faire leurs achats. Notamment un magasin de poterie dans le souk où les prix sont légèrement inférieurs à ceux pratiqués sur la place, là où nous faisons d’ailleurs l’emplette de quelques petits tableaux (4,50 €). Nous continuerons notre promenade dans la rue commerçante du souk.
14 février Comme d’habitude, nous profitons de notre passage sur un camping pour régler les problèmes de lessive et de douche. Un peu de cuisine, et la matinée passe bien vite. L’après déjeuner nous laisse le loisir d’un bon bain de soleil avant de reprendre la marche en direction des souks qui ne s’éveillent vraiment qu’à partir de 17 heures. Quelques nouveaux achats de souvenir poteries (saladiers à 2 €, plats à 6 €, petites tagines décoratives à 0,90 €, etc…), petits tableaux pour nous, les amis ou la famille.
À notre sens, une halte d’un jour ou deux à Safi n’est justifié que par
l’emplette de poteries la plupart du temps très jolies, et, il faut bien le dire, abordables. Demain, nous continuons à descendre, mais nous avons des petits soucis pour retrouver Pascal qui débarque le 23 à Marrakech, d’autant que les Cordiers comptent descendre sur Ouarzazate et Zagora. Ces destinations font partie de notre projet d’itinéraire, mais c’est 20 jours trop tôt. D’où problème pas facile à résoudre pour ne pas faire près de 2000 Km de trop.
Étape 10 – 15 février Safi – Souira Kedima - Km 2323 – beau temps
Parking de 20 Dh, face à la mer dans un petit village sur la route du front de mer, où nous retrouvons sans trop de surprises – le chemin qui mène au sud étant pratiquement incontournable, l’ami José- rencontré quelques jours plus tôt à Oualidia.
Un petit village de pêcheurs, sale de chez sale, mais où, chose incompréhensible, des investissements particulièrement importants ont été faits. La promenade du front de mer de près d’un Km, joliment carrelée, semée, chaque 6 ou 7 m de bancs en fer forgé qui commencent déjà à rouiller, et qui, c’est sûr, dans quelques années, seront réduits à l’état de ferraille, des centaines de studios, et un lotissement de 270 lots œuvre d’un promoteur espagnol, attendant acquéreurs. Le plus surprenant, c’est que des Français ont acheté ou bâti des villas alors que des tas de maisons sont déjà à vendre. La raison. Il semblerait que ce soit la crainte du résultat des prochaines élections de septembre au Maroc.
Il semblerait que ce soit dans l’attente du résultat des prochaines élections de novembre au Maroc qui laisse à craindre l’arrivée d’une majorité islamique au pouvoir. Il est vrai que la plage de ce petit village est bien sympathique, mais vraiment, il est difficile d’entrevoir l’intérêt d’investir ici, d’autant que la population ne semble pas particulièrement apprécier les touristes.
Étape 11 - 16 et 17 février Souira Kedima – Essaouira Km 2424 – beau temps
16 février José et Lydie ont décidé de descendre en notre compagnie nous avons été avisés que la route du front de mer est quasiment impraticable sur une bonne dizaine de Km. Pour y échapper, il faut la quitter au village suivant et emprunter une route goudronnée, certes, mais de la largeur du camping-car, et sur laquelle circulent des poids lourds. Il faut alors, lors des croisements que chacun empiète très largement sur le bas côté empierré, au risque de voir son pare-brise exploser. Comme habituellement, dans ce genre de situation il faut mettre la paume de sa main sur le pare-brise, mais que dans le cas d’un intégral, il se trouve trop loin, le problème est résolu grâce à l’emploi d’une ventouse débouche évier! La route est malgré tout très intéressante, et les paysages traversés pittoresques, ainsi d’ailleurs que le souk d’un petit village où nous arrêtons, mais les légumes ne sont pas de bonne qualité.
Arrivée en début d’après-midi à Essaouira, où nous trouvons à stationner en bord de plage, moyennant un péage de 30 Dh. Promenade dans ce magnifique village que nous retrouvons avec grand plaisir. Et qui rencontrons-nous les amis : Jean-Pol et Lydia qui ont déjà, entre-temps, fait un saut à Marrakech. En soirée, le parking sur lequel nous stationnons en bord de mer bien qu’éloigné du centre ville, devient l’attraction de quelques jeunes Marocains qui s’installent tout près et font le maximum de bruit, sûrement volontairement, jusqu’à tard. Excellente nuit malgré tout.
17 février Après un passage en cyber café, où j’éprouve des difficultés à passer mes mails, nous passons la ville au peigne fin. Les ateliers de peintres ne nous séduisent pas particulièrement, sauf bien entendu des tableaux de peintres reconnus qui sont hors ne notre portée. Il est agréable de déambuler dans des rues propres sans être trop agressé par les boutiquiers. Une visite dans les ateliers des artisans, sous les remparts nous amène à négocier un plateau en thuya
Il faut bien aussi se laisser tenter par quelques petits objets destinés à faire plaisir aux petits enfants. On achèterait toute la boutique.
À midi, déjeuner en terrasse dans un petit restau sur la place, et puis, nous allons déguster des crêpes, ma foi bien bonnes, toujours en compagnie de José et Lydie. À noter que la patronne est une vraie Bretonne.
Et puis retour au camping-car tranquillement le long de cette si jolie plage.
(Essaouiral’ancienne Mogador. Ville, où la mer et le rêve sont infinis, lieu où règne une créativité intense où nombreux sont les artistes peintres, sculpteurs, créateurs de toutes sortes).
Nous décidons de descendre demain sur Agadir. Nuit calme.
Étape 12 – 18 février Essaouira – Imsouane - Km 2519 – Beau temps, mais fort vent.
Un premier arrêt à Tamanar, capitale de l’huile d’argane, où il nous avait été conseillé d’en faire l’achat à la coopérative. Les prix sont excessifs (15 € le ¼ de litre), mais une visite à l’atelier nous en apporte la justification : une vingtaine de femmes, assises à même le sol, une pierre posée devant elles, cassent, une à une, avec une autre pierre l’écorce de l’argane pour en extraire l’amande qui grillée, sera ensuite pressée manuellement dans un petit moulin en pierre. Un travail de fourmis qui justifie le prix, d’autant que cette coopérative a été créée pour donner du travail aux femmes de la montagne. En fait, nous achetons la même huile dans une petite boutique à côté à 15 € le litre, réalisée de la même façon, mais par des femmes à domicile.
Un détour sur Imsouane par une petite route certes goudronnée, mais guère plus large qu’une piste cyclable, obligeant à emprunter les accotements à chaque croisement.
Installation au camping oh combien rustique, essentiellement occupé par des surfeurs, plus ou moins bohêmes, certains, apparemment attirés sur le lieu par le besoin de fumer quelques joints. Tandis que José va faire sa balade vélo, nous partons avec Lydie pour une petite randonnée côtière. Des vues merveilleuses sur l’atlantique qui se fâche un peu, provoquant d’énormes vagues. Et qui croyez-vous que nous rencontrons. Les amis Jean-Pol et Lydia. C’est un des plaisirs du Maroc, les rencontres. On se voit un jour ou deux, puis chacun part de son côté, puis quelques jours plus tard, on se retrouve une autre aire. Il faut dire que lorsqu’on descend vers le Sud, la plupart des haltes sont incontournables, et en fonction du rythme de chacun on se revoit par-ci, par-là. Sympa. En fin de compte, on décide de rester, et le départ sur Agadir est reporté au lendemain (Inch Allah). La fin d’après-midi nous amène un fort vent provoquant de nuages de sable, lequel envahit imperceptiblement le camping-car. Il faudra épousseter.
Étape 13 – 19 et 20 février Imsouane – Agadir – Pluie
19 février Arrêt à Atlantica Park, sachant qu’il n’est plus possible se stationner pour la nuit dans Agadir, et que le camping et l’aire sont fully booked. Quel ‘’engin’’ ce camping. Énorme, mais particulièrement propre pour ici. Douches Ni Cl (Nickel chrome pour les connaisseurs), et eau chaude à volonté. Son inconvénient est d’être situé à 27 Km d’Agadir. C’est pourquoi nous décidons d’emprunter le lendemain matin, le bus pour nous y rendre. Mais en fin de compte après réflexion, nous partirons avec les camping-cars pour faire le plein de gasoil, et remplir la bouteille de gaz. Une forte tempête se lève en début de soirée, secouant sensiblement notre studio à roues jusqu’à tard dans la nuit, mais pas de dégâts.
20 février Route sur Agadir où nous parkons en bord de plage. Parking gardé bien sur. Il pleut, et il ne fait vraiment pas très chaud. La ville semble inhabituellement inanimée. Le matin, visite sommaire du centre-ville et de son incontournable magasin central Uniprix. Il semble que les prix pratiqués sur les tee-shirts notamment et sur bien d’autres articles ont sensiblement augmenté, ou bien la comparaison avec certains magasins de discount français leur est défavorable. Du coup, rien ne nous semble particulièrement attirant, et nous ressortons les mains dans les poches.
L’après-midi, un commando dans les souks. Les prix du souk électronique sont stupéfiants. Une batterie de téléphone Nokia4,50 € au lieu de plus de 50 en magasin de téléphonie français.
Retour sur Atlantica avec un arrêt à Air liquide pour faire remplir la bouteille de gaz. Affaire réglée en 10 minutes. Nuit calme.
Étape 14 – 21 au 28 février Agadir – Tiznit – Km 2793
21 février En voiture pour Tiznit avec arrêt à Marjane, un hyper marché très européen. On y trouve même les alcools et apéritifs les plus courants aux prix espagnols. Déjeuner sur le parking. Arrivée à Tiznit vers 15 heures, mais le camping est déjà complet. Nous nous installons donc avec les autres camping-cars sur le parking du super marché face au camping. La fin de journée voit venir rôder autour des campings cars, jeunes musulmanes avec leurs bébés, ainsi que quelques gosses qui viennent quémander, qui une pièce, qui des vêtements, qui un stylo ou des bonbons.
22 février C’est parti pour la recherche des artisans qui pourront apporter une solution à nos problèmes. Nous avons prévu
- De faire confectionner les housses des chaises de la maison
- De faire réaliser les lunettes de vue de Gine
- De faire réparer la perceuse
- De changer des fermetures éclair
- D’acheter une gourmette en argent
- De faire recoller des chaussures, etc…
Après avoir couru dans toute la ville et repris nos repères, nous entamons le règlement de tous ces problèmes.
23 février Un jeune marchand de tissus nous promet la confection les housses au prix de 11 € par chaise, compris la fourniture de la toile, d’une qualité supérieure à celui apporté en modèle. Délais de fabrication48 heures, avec à la clé l’offre d’un couscous maison lorsque nous irons chercher les produits. Nous sommes donc contraints de rester jusqu’à dimanche. L’après-midi, nous trouvons l’opticien qui réalisera les lunettes de vue dans les délais et au prix qui nous conviennent, mais il faudra attendre jusqu’à mardi. Ça complique malgré tout un peu les choses, car il va nous être difficile de pouvoir rejoindre la famille Cordier et Pascal qui se trouvent complètement à l’Est, d’autant qu’ils ne répondent pas à nos SMS. Impossible aussi d’ailleurs de joindre Francisque par le même moyen. Il va nous falloir aller leur téléphoner. Gine décide de se rendre chez la coiffeuse au centre pour un brushing à 2 €. Catastrophe pas de shampoing, et une coiffure un tantinet bâclée. Grosse rigolade. Nous déconseillons à Lydie d’aller y faire faire sa teinture, par crainte du résultat.
Le soir, apéro avec Mr et Mme José, et Mr et Mme Jean Pol que nous retrouvons ici à nouveau. Dînons d’un tagine poulet citron confit dans un petit restau tout près du parking.
24 février Nuit tranquille. Le besoin de remise à niveau du réservoir d’eau se fait sentir, et c’est au domicile du marchand de tissus qui a eu la gentillesse de nous le proposer que nous réglons le problème. Nous offrons de payer l’eau, mais comme attendu, c’est un refus.Ces artisans et commerçants sont dans leur très grande majorité extrêmement serviables. L’après-midi nous permet enfin de rester un peu tranquilles, les jours précédents ayant été une course permanente d’un bout à l’autre de la ville.
25 février C’est dimanche. Comme nous attendons d’une part la livraison des housses des chaises, et d’autre part, celle es lunettes, nous devons rester. Ce n’est vraiment pas un problème. Les années précédentes, nous avions trouvé un Tiznit, certes bien agréable, notamment du côté de ses commerçants et artisans, mais cette fois-ci, nous découvrons une ville de plus de 50.000 habitants, très active, et plus étendue que nous le croyions. Il est vrai que nous sommes ici aux portes du désert. Au Sud, il ne reste plus que TanTan, Tarfaya et Layoune avant la frontière mauritanienne. C’est pourquoi les gens du Sud montent jusqu’ici pour leurs approvisionnements, tant en nourriture qu’en matériels et matériaux divers. Les artisans d’absolument toutes professions, ainsi que les professions libérales, telles que dentistes, opticiens, etc… y sont nombreux, compétents, rapides, aimables et les prix qu’ils pratiquent sont particulièrement attractifs, voire tentants. Ce qui frappe chez eux, c’est leur puissance de travail. Notre petit marchand de tissus, qui est aussi installateur de rideaux, couturier et autres, travaille, comme la plupart des autres artisans, qu’ils soient par exemple fabricants de babouches ou garagiste 7 jours sur 7. Un seul repos le dimanche après-midi. C’est leur force. Ils attendent le client et sont capables de travailler 36 heures de rang pour satisfaire une commande.
Et puis, le stationnement des camping-cars se faisant difficile sur Agadir, et comme ceux-ci, de toute façon, pour gagner le grand sud doivent transiter par ici, des commerces et artisans spécifiques à ce type de touristes se sont créés ou installés et proposent à moins de la moitié des prix français, l’installation de panneaux solaires, paraboles TV, etc…et il est particulièrement surprenant de voir leur compétence et la rapidité de leur travail. Pour ceux qui connaissent Mustapha, c’est un petit génie du numérique et de l’informatique. Lui et ses jeunes qui ont tout appris par eux-mêmes par l’intermédiaire d’Internet, sont disponibles à toute heure du jour ou de la nuit pour terminer un travail et satisfaire sa clientèle. Il sait que dans le petit monde du camping-car, le bouche à oreille est un système publicitaire efficace. Un petit souci sur une remise à niveau de l‘antenne parabolique, et deux de ses garçons sont venus à 9 heures du soir jusqu’à notre camping-car, sur le parking pour régler le problème en deux coups de cuillère à peau.
A quand le même esprit chez nous pour nous sortir de cette léthargie suicidaire.